La valeur d'une permission.

Catégories : Aux pieds des femmes
il y a 25 minutes

Ce matin, comme chaque samedi, une envie m'habitait : partir rouler quelques heures à vélo. Ce n'est pas seulement un loisir. C'est un moment qui entretient mon corps, apaise mon esprit et me permet de revenir plus disponible, plus serein, plus utile.

Mais être soumis, pour moi, signifie que cette envie ne m'appartient plus totalement.

J'aurais pu prendre mon vélo et partir sans rien demander. Personne ne m'en aurait empêché. Pourtant, ce n'est pas ainsi que je vis ma soumission. Être soumis, ce n'est pas être privé de liberté ; c'est choisir de remettre volontairement certaines de ses décisions entre les mains de celle à qui l'on a offert son obéissance.

Je me suis donc présenté devant ma Maîtresse et, les yeux baissés, je lui ai demandé humblement la permission de sortir faire du vélo.

Elle m'a regardé quelques instants, puis m'a répondu :

« Va repasser mes tenues… Pendant ce temps, je vais y réfléchir. »

J'ai simplement répondu : « Oui, Maîtresse. »

Je me suis mis à la tâche avec application. Chaque vêtement soigneusement repassé était une manière de lui montrer que ma demande n'était pas une exigence mais une faveur sollicitée. Pendant que mes mains travaillaient à Son service, mon esprit, lui, attendait Sa décision.

Cette attente faisait déjà partie de ma soumission.

Je ne savais pas quelle serait sa réponse. Peut-être m'autoriserait Elle à partir. Peut-être déciderait Elle que les obligations de la maison passaient avant mon envie. Dans les deux cas, sa décision serait la bonne, parce qu'elle serait la sienne.

Une fois les tenues parfaitement repassées, je suis revenu auprès d'Elle.

Elle avait réfléchi. Elle avait regardé les tâches restantes dans le foyer et décidé qu'elles pourraient être accomplies plus tard.

Puis Elle m'a dit :

« Tu peux aller faire ton vélo. »

À cet instant, quelque chose change.

Ce n'est plus une simple sortie.

Ce n'est plus mon projet.

C'est une permission.

Une faveur.

Un privilège qu'Elle choisit de m'accorder.

Parce qu'Elle estime que je l'ai mérité. Parce qu'Elle sait que ce moment est bénéfique pour moi et qu'Elle choisit de me l'offrir. Recevoir cette permission après avoir attendu, après m'être rendu utile, lui donne une valeur infiniment plus grande que si j'étais simplement parti de ma propre initiative.

Je me suis aussitôt agenouillé devant Elle et j'ai déposé un baiser sur ses pieds.

Ce baiser n'était pas un automatisme. C'était l'expression de ma gratitude. Le merci silencieux d'un soumis qui reçoit un cadeau de sa Maîtresse.

Ces moments du quotidien sont ceux qui donnent tout son sens à notre relation D/s.

La soumission ne se résume pas aux contraintes ou aux interdits. Elle s'exprime aussi dans cette joie profonde de recevoir ce qui est accordé. Quand une permission devient une récompense, on cesse de considérer les choses comme des droits. Elles deviennent des présents, offerts par celle qui dirige avec autorité, discernement et bienveillance.

Et c'est peut-être cela qui me rend le plus profondément soumis : savoir attendre, servir avant de recevoir, accepter que ma Maîtresse décide de ce qui est juste pour moi, puis accueillir sa décision avec reconnaissance.

Parce qu'au fond, le plus beau cadeau n'était pas cette sortie à vélo.

Le plus beau cadeau était qu'Elle ait choisi de me dire :

« Tu peux y aller. »

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